Le chapelet de la petite couronne

chapelet de la petite couronne

 

C’est un chapelet composé de 3 gros grains et de 12 petits grains. Sur les 3 gros grains, on récite un Notre Père en le faisant précéder des paroles : « Et le Verbe s’est fait chair ». Sur les 12 grains, on récite un Je vous salue Marie en le faisant précéder des paroles « Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous » en l’honneur des mystères  de l’Enfance du Christ.

Indulgences :

Savez vous que l’on obtient une indulgence quotidienne de 300 jours quand on le récite ?

On obtient aussi une indulgence plénière le 25 de chaque mois si on se confesse, que l’on communie, et que l’on prie aux intentions ordinaires. (Pie VII, 23 novembre 1819).

Voici des petites méditations liées à chacun des mystères :

1er mystère (1er je vous salue Marie) : L’incarnation

O Très Doux Enfant-Jésus qui, pour notre salut éternel êtes descendu des splendeurs du Père et qui, conçu de l’Esprit-Saint n’avez point dédaigné le sein d’une Vierge ; Verbe fait chair, né de Dieu, qui avez pris la forme d’un escalve, ayez pitié de nous.

2ème mystère : La visitation

O Très Doux Enfant-Jésus qui, par l’entremise de la Vierge votre Mère, avez visité Elisabeth pour sanctifier dès le sein de sa mère, votre précurseur Jean-Baptiste et le remplir du Saint-Esprit, ayez pitié de nous.

3ème mystère : L’attente de la naissance

O Très Doux Jésus qui, enfermé neuf mois dans les entrailles de la Vierge Marie avez été si vivement désiré par Elle et par saint Joseph, et vous êtes offert à Dieu le Père pour le salut du monde, ayez pitié de nous.

4ème mystère : La naissance

O Très Enfant-Jésus né à Bethléem de la Vierge Marie, enveloppé de langes, couché dans une crèche, annoncé par les Anges et visité par les pasteurs, ayez pitié de nous.

5ème mystère : La circoncision

O Très Doux Enfant-Jésus qui fûtes circoncis au bout de 8 jours et appelé du glorieux nom de Jésus, et qui par votre Nom aussi bien que par votre sang avez été proclamé Sauveur du monde, ayez pitié de nous.

6ème mystère : L’adoration des mages

O Très doux Enfant-Jésus qui avez été révélé aux rois Mages par l’étoile qui leur servit de guide, et qui avez reçu sur le sein de votre Mère leurs adorations et leurs présents mystérieux : l’or, l’encens et la myrrhe, ayez pitié de nous.

7ème mystère : La présentation

O Très Doux Enfant-Jésus présenté au Temple par la bienheureuse Vierge votre Mère avec saint Joseph, embrassé par le saint vieillard Siméon et révélé à Israël par Anne la prophétesse, ayez pitié de nous.

8ème mystère : La fuite en Egypte

O Très Doux Enfant-Jésus recherché par l’impie Hérode qui voulait vous mettre à mort, transporté par saint Joseph avec votre Mère en Egypte, sous-trait à un cruel massacre et glorifié par le sang des Innocents martyrs, ayez pitié de nous.

9ème mystère : Le séjour en Egypte

O Très Doux Enfant-Jésus qui êtes demeuré  en Egypte avec Marie votre sainte Mère et le patriarche saint Joseph jusqu’à la mort d’Hérode, ayez pitié de nous.

10ème mystère : Le retour d’Egypte

O Très Doux Enfant-Jésus qui, revenant d’Egypte dans la terre d’Israël avez souffert toutes les fatigues d’un pénible voyage, et vous êtes retiré dans la ville de Nazareth, ayez pitié de nous.

11ème mystère : La sainte vie cachée

O Très Doux Enfant-Jésus qui avez demeuré dans la sainte maison de Nazareth, humblement soumis à vos parents et qui, au sein de la pauvreté et des travaux, croissiez en âge, en sagesse et en grâce, ayez pitié de nous.

12ème mystère : Jésus au milieu des docteurs

O Très Doux Enfant-Jésus conduit à l’âge de douze ans à Jérusalem, cherché par vos parents avec tant de douleur, et retrouvé trois jours plus tard avec une grande joie au milieu des docteurs, ayez pitié de nous.

PRIONS :

Dieu tout-puissant et éternel, Seigneur du ciel et de la terre, qui vous révélez aux petits enfants, accordez-nous, nous vous en prions, qu’en célébrant avec dignité le souvenir des Très Saints Mystères de votre Fils, l’Enfant-Jésus, et en les imitant, nous puissions parvenir au Royaume des cieux promis aux petits enfants par le même Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Voici un peu d’histoire pour connaître toutes les origines de cette splendide dévotion :

Avant de parler de Marguerite du Saint Sacrement à qui Jésus à fait la grâce de révéler le chapelet de Sa Sainte enfance, il faut d’abord préciser que cette dévotion est née avec Sainte Thérèse d’Avila et Saint Jean de la Croix. Puis nous signalerons la dévotion à l’Enfant Jésus de Prague car elle n’est pas étrangère à la spiritualité du carmel loin de là !

Les récits et prières ci-dessous sont tirés de  2 livres : « Enfant Jésus de Prague, histoire et spiritualité » de Philippe Beitia et « l’Enfant Jésus de Prague » de l’abbé Michel Koller.

Lorsque sainte Thérèse d’Avila partait avec ses sœurs pour fonder de nouveaux monastères, on la voyait tenir sur ses genoux, dans la carriole qui les convoyait, une statuette de l’Enfant Jésus, recouverte d’un vêtement brodé. On sait l’importance de l’humanité de Jésus dans la vie spirituelle et l’enseignement de la sainte. Cette statuette l’aidait à élever constamment son âme vers Dieu. Dans tous les monastères de la réforme thérésienne en Espagne, il y aura de petites statues de l’Enfant-Jésus offertes par Ste Thérèse d’Avila (mère supérieure). Cette dernière avait eu lors de ses extases , des visions de l’Enfant Dieu qui lui avait fait percevoir l’amour de Dieu dans le Verbe fait chair et qui l’avait embrasée d’un amour débordant. Elle exprimera dans ses poème le vif attachement qu’elle a pour ce mystère. La contemplation du mystère de Noël l’invite, elle et ses sœurs, à n’avoir rien en propre, à vivre dans la solitude, à s’en remettre en tout à la volonté du Christ.

Il en ira de même pour saint Jean de la Croix. Son amour pour le Christ était immense. Au cours de la fête de Noël, sa contemplation du Mystère de l’Incarnation était telle qu’il passait ces journées comme hors de lui dans la joie intérieure, sans porter attention à rien d’autre qu’à la naissance de Jésus.

La dévotion à l’Enfant-Jésus de Prague n’est pas étrangère à la spiritualité du carmel. Elle sera liée à l’histoire de la Bohème. Le 22 septembre 1624, des pères carmes, originaires d’Espagne, font leur entrée dans le couvent fondé par Ferdinand II à Prague. L’empereur et le conseil municipal de la ville leur avaient attribué l’église de la Sainte Trinité, qui avait été, un temps, un temple protestant. Les carmes changeront le patronage de l’église et la nommeront Notre-Dame de la Victoire.

La situation était difficile. Prague était une ville en grande partie luthérienne. Les hérétiques s’étaient rebellés avec l’aide de Frédéric du Palatinat contre leur souverain légitime, l’empereur Ferdinand II. Ils avaient été vaincus à Weisson Berg et obligés de se soumettre. Et c’est avec mépris qu’ils regardaient le nouveau couvent dont le nom rappelait clairement leur déconfiture. D’autres difficultés venaient du fait que les pères, peu au fait de la situation locale, avaient décidé de n’accepter aucun bénéfice et de vivre d’aumônes.

Tant que l’empereur demeura à Prague, la nouvelle fondation ne manqua de rien. Mais, à peine eut-il transféré la Cour à Vienne que commença une époque difficile pour le couvent.  Les aumônes ne suffisaient pas aux besoins les plus élémentaires. Il arrivait souvent que les pères dussent se contenter de pain et de fruits, relate la chronique de la province carme d’Autriche. Et la situation ne s’améliora pas après 1624, lorsque d’autres religieux vinrent s’adjoindre à une communauté vivant dans la précarité. Le prieur Jean-Louis de l’Assomption se réfugia dans la prière.

Formé à Rome à l’école du père Jean de Jésus Marie, il considérait que la dévotion à l’Enfant Jésus était une source inépuisable de dynamisme spirituel et d’abandon à la providence du Père du ciel. La chronique relate qu’en cette époque d’extrême pénurie, le Seigneur lui fit comprendre combien il serait utile, pour y porter remède, d’inviter les religieux à honorer et à imiter l’Enfant-Jésus. Il demanda donc au sous-prieur et maître des novices, le père Cyprien de Sainte-Marie, de chercher, pour le monastère, une statue ou une image représentant l’Enfant Jésus. Elle pourrait servir puissamment à la formation des religieux. Elle serait placée dans l’oratoire destiné à l’oraison pour que les carmes, méditant sur l’enfance du Christ, en tirent d’abondants fruits de vie spirituelle.

On était en 1628. C’est alors qu’une dame de la noblesse portant le nom de Polyxène, offrit la statuette de l’Enfant Jésus au monastère. La tradition indique qu’en faisant ce cadeau aux religieux, elle dit : Je vous donne ce que j’ai de plus cher. Honorez bien cet enfant Jésus et rien ne vous manquera. Le prieur, le Père Jean-Louis, fit installer solennellement la statuette dans l’oratoire et confia à l’Enfant Dieu les problèmes de la communauté. On ne tarda pas à lui attribuer l’amélioration de la situation financière qui se concrétisa par l’attribution par l’empereur d’une dotation mensuelle pour la restauration du couvent ainsi que d’abondants provisions.En 1630, suite à des troubles militaires, les novices_qui avaient une grande dévotion envers l’Enfant Jésus_ durent partir pour Munich. L’année suivante, les troupes protestantes du Prince de Saxe envahirent Prague et la mirent à sac. L’église et le monastère des carmes furent pillées. La statuette de l’Enfant Jésus  fut jetée derrière l’autel et eut les bras cassés.

Le Père Ignace , prieur du monastère, put le réintégrer en 1632 après la victoire des catholiques sur les troupes du Prince de Saxe. Préoccupé par la restauration du couvent, il ne se soucia ni de la statuette, ni du culte envers l’Enfant Jésus. La misère et des épreuves de toutes sortes s’abattirent sur le carmel de Prague. Les Pères demandaient à être assignés à d’autres communautés.

En 1634, les religieux durent fuir à nouveau devant les Suédois qui campèrent devant Prague, brûlant et saccageant tout ce qu’ils trouvaient sur leur chemin. Mais ces derniers furent chassés peu de temps après par les troupes impériales.

Ce n’est que 3 ans plus tard, en 1637, que l’Enfant Jésus fut retrouvé par le Père Cyrille de la Mère de Dieu. Eprouvé spirituellement, il s’était jeté aux pieds de la statue de l’Enfant Dieu lors de la nuit de Noël 1629. Il avait obtenu de Lui paix et ferveur. Il avait du quitter Prague à cause de la guerre et y revint à la Pentecôte 1637. Il trouva la statuette de l’Enfant Jésus derrière l’autel de l’oratoire, dans les débris et la poussière. Il entendit les paroles intérieures suivantes de Jésus : « Ayez pitié de moi, et j’aurai pitié de vous ; rendez-moi mes mains et je vous donnerai la paix ; plus vous m’honorerez, plus je vous bénirai. » Le père se rendit compte alors que la statuette avait les bras cassés. Il demanda à son prieur de pouvoir les faire restaurer mais ce dernier n’y consentit pas : l’argent manquait et il devait faire face à des impératifs qu’il jugeait plus urgents. Le Père Cyrille mit sa confiance en Dieu. Un membre de la confrérie du scapulaire lui fit remettre une somme de cent florins, somme considérable pour l’époque. Mais le prieur s’opposa à la restauration de la statuette qui n’aurait coûté qu’un peu plus d’un florin. Le monastère connut l’affliction en conséquence.

Un nouveau prieur fut élu qui ne s’opposait pas à la restauration de la statuette à condition qu’elle soit faite à partir d’un don et ne dépasse pas un demi florin. Le père Cyrille entendit de nouveau la voix de Jésus lui dire, dans la prière : Placez-moi à l’entrée de la sacristie, et vous trouverez quelqu’un qui aura pitié de moi. » Ce qui fut fait. Un inconnu du nom de Daniel Wolf, ne tarda pas à se présenter à la sacristie. Il remarqua que l’Enfant-Jésus n’avait pas de mains et proposa de faire réparer la statuette à ses frais. Cet homme avait été commissaire général de l’administration impériale. Il se trouvait criblé de dettes et avait été traîné devant les tribunaux par ses créanciers. A peine eut-il ramené chez lui la statuette de l’Enfant-Jésus pour la faire restaurer qu’il reçut de la Chambre impériale une somme de 3000 florins pour régler certains de ses services, et qui permettait d’apurer ses dettes. Il confia la statuette à un artisan dont le travail fut remarqué.

Dans les années 1630-1640 on attribuait de nombreux miracles (conversions, guérisons, protection, rétablissement de situations difficiles..) à l’Enfant-Jésus de Prague. Beaucoup de personnes Lui adressèrent des prières lors d’un nouveau siège des Suédois en 1639 et 1641. La déroute des envahisseurs lui fut attribuée. Les grâces accordées par le Seigneur furent telles que les carmes décidèrent d’exposer publiquement la statuette dans leur église.

A la même époque, en France, une carmélite de Beaune, Marguerite du Saint Sacrement (+1648), se sent appelée par Dieu à répandre la dévotion à l’Enfant-Jésus.

Les 2 formes de dévotions (Prague et Beaune) vont finir par s’influencer mutuellement.

Le message de Marguerite du Saint-Sacrement est en consonance avec celui de Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Marguerite du Saint-Sacrement naît à Beaune le 7 février  1619. Entrée au carmel de cette ville, elle y fait profession solennelle, le 24 juin 1635, à 16 ans.

Lors de la cérémonie, Sœur Marguerite fera une expérience spirituelle. Le Verbe de Dieu se manifeste à elle et lui donne les marques de ce que les auteurs appellent le mariage mystique : anneau, couronne, robe. Il se présente à elle sous la forme d’un enfant. Marguerite sera l’épouse de l’enfance du Christ.

A partir de ce jour, un changement se produit dans sa vie intérieure. Jusqu’à la fête de la Saint-Bernard, le 20 août, ce n’est qu’une fête continuelle dans son âme. Elle vit avec la Sainte Trinité. Dieu habite son âme. Du 20 août à la fête des saints Innocents (28 décembre), elle ne prend aucune nourriture : Dieu la prépare à la grâce de Noël. Lors de cette fête, une rosée se répand sur son corps qui lui donne santé et force, alors qu’elle était délicate et souffreteuse. Elle reçoit l’Enfant Jésus dans ses bras. Cette grâce sera renouvelée plusieurs fois. Elle se sent appelée à prier pour la naissance du dauphin, pour la France en guerre et à intensifier son intercession pour les pécheurs.

C’est en février 1636 qu’elle entend le Christ lui dire : Puise dans  les trésors de mon enfance ; ce sera par les mérites de ce mystère que tu surmonteras toutes les difficultés.

Lors d’une extase, elle apprend la manière de l’honorer depuis le moment de son Incarnation jusqu’à sa 12ème année : chapelet de la petite couronne.

L’ enfant Jésus révéla à la sœur combien Lui plaisait cette pratique; Il lui promit qu’Il accorderait des grâces spéciales, surtout la pureté de cœur et l’innocence, à tous ceux qui porterait le chapelet sur leur personne et le réciterait en honneur des mystères de Sa Sainte enfance. Comme signe de Son Approbation, Il lui montra le modèle du chapelet resplendissant d’une lumière éclatante.