Elisabeth de France

Quel succès a eu Madame Elisabeth samedi dernier avec les 40 enfants venus la découvrir à saint Germain l’Auxerrois ! Pourtant, que de péripéties nous avons eu pour arriver à bon port ! Nous nous y attendions un peu tant la capitale était prise d’assaut par les gilets jaunes….Certes, ce n’était pas les sans-culottes mais il y avait bien un air de révolution comme au temps de Madame Elisabeth.

Cela ne nous a pas empêché de contempler la beauté de notre ville, passant par les plus beaux monuments de notre capitale mis en valeur par le soleil qui s’était montré sous ses plus beaux atours en l’honneur de notre princesse.

Ce fut un temps béni ! Alors que juste derrière nous sur les Champs Elysées, notre France en prenait encore un coup, nous nous réunissions en l’honneur d’une servante de Dieu qui avait tant prié pour la France, et tant offert pour Elle.

Accueillis chaleureusement par le père Gilles Annequin, curé de St Germain l’Auxerrois, nous nous sommes installés dans l’Eglise. Après avoir chanté un « Je vous salue Marie », l’abbé Xavier Snoëk, postulateur de la cause de béatification de Madame Elisabeth, a raconté avec éloquence la vie de cette magnifique figure de sainteté. Il a su captiver les enfants pendant plus d’une heure. Les petites filles qui étaient pour la plupart des lectrices éprises du roman « Elisabeth princesse à Versailles » étaient toutes attentives à découvrir le vrai visage de la plus jeune sœur de Louis XVI. L’une d’elle a même eu l’audace d’apporter un des livres de sa collection à l’abbé Xavier Snoëk pour qu’il y signe un autographe ! Les 8 parents qui ont fait parti de l’auditoire ne regrettent pas ce précieux enseignement.

Le Père Gilles Annequin nous a ensuite indiqué une jolie salle pour le goûter. Pour y aller nous avons traversé des pièces d’une grande beauté. 2 choses ne sont pas passées inaperçues : Une statue de la sainte Vierge et un portait de Louis XVI.  Le lieu du goûter donnant sur un jardin, nos bambins ont pu se dégourdir les jambes à souhait. La récréation terminée, le père Xavier Snoëk a béni tous les enfants.

Le temps de prière a suivi. Pour rester discrets et ne pas déranger les fidèles venus vivre la messe du soir qui avait commencé dans la chapelle de la Vierge mitoyenne du Chœur, nous avons préféré nous réunir au pied de la statue de sainte Jeanne d’Arc sur le côté gauche de l’Eglise. Nous avons récité la prière que le Père Xavier Snoëk avait donné à chacun des enfants pour obtenir la béatification d’Elisabeth de France. Nous leur avions demandé auparavant de fermer les yeux pour trouver une intention personnelle et la présenter à Madame Elisabeth. Puis nous avons dit la si touchante prière d’abandon de Madame Elisabeth.(Pourquoi ne pas réciter cette prière tous les matins tant elle incite à abandonner chacune de nos journées au bon vouloir de notre Seigneur ?)

Enfin, il nous semblait important d’offrir à chaque enfant une image du Cœur sacré de Jésus et du Cœur immaculé de Marie avec une prière toute simple au dos. En effet, Madame Elisabeth était persuadée que si la France était si accablée de malheurs, c’était parce qu’elle n’avait pas encore été consacrée au Cœur sacré de Jésus comme l’avait pourtant demandé sainte Marguerite-Marie Alacoque à Louis XIV selon le désir du Cœur de Jésus Lui-même. Madame Elisabeth avait une grande dévotion au Cœur Immaculée de Marie et aimait prier devant les cœurs réunis de Marie et Jésus.

Voilà de nombreuses nouvelles prières à apprendre et réciter pour toutes ces petites âmes !

A notre grand regret, notre retard conséquent ne nous a pas permis de dire notre traditionnel chapelet de la petite couronne. Pourtant nous n’avions pas oublié d’emporter avec nous l’Enfant Jésus qui attendait dans sa boîte. Il est maintenant chez une famille et y répand sûrement ses grâces. « Plus vous m’honorerez, plus je vous favoriserai ! » a t’il dit au Père Cyrille carme de Prague !

La prochaine fois, soyez les bienvenus chez les sœurs de Bethléem dans le nord du 16ème. Elles nous parleront de St Bruno. Ce sera le 18 mai. Retenez bien la date !

Et si des mamans veulent en savoir plus sur Madame Elisabeth, un pèlerinage est prévu dans Paris sur ses pas le vendredi 17 mai au soir ! RDV à 17h30 dans l’Eglise ND d’Auteuil ou à 18h à St Germain l’Auxerrois. Madame Sabourdin-Perrin nous fera une conférence. Après un pique-nique tiré du sac, nous marcherons ensuite à la lueur d’une bougie pour terminer par une messe à 22h30 à ND d’Auteuil. Pendant le temps de marche, nous prierons le chapelet et pourrons nous confesser.

 


Présentation  (résumé) de la vie de Madame Elisabeth par le Père Xavier Snoëk :


Madame Elisabeth béatifiée ?

Dès 1781, la Gazette de France loue la bonté de Madame Elisabeth. De nombreuses biographies qui sont plutôt des hagiographies (l’une est préfacée par Mg Dupanloup, l’autre par Mgr Darbois, une autre encore par Mgr Feltin,  enfin l’une d’elles a été écrite par une carmélite) sont publiées tout au long des  XIXème et XXème siècles. Dès 1920,  la duchesse de Vendôme et une carmélite travaillent à la cause de sa béatification,  ce que continue le Prince Xavier de Bourbon Parme, après 1950.  Aujourd’hui, de nouveau, nombreux  sommes- nous à penser que Madame Elisabeth a vécu de manière remarquable  et voulons demander à l’Eglise de bien vouloir étudier sa cause. C’est pourquoi, après ma nomination par l’association actrice qui s’est constituée, association privée de fidèles du diocèse de Paris, l’archevêque de Paris a confirmé ma nomination comme postulateur de la cause. La première phase de la procédure sera parisienne car Madame Elisabeth est morte à Paris. Nous en sommes au tout début même si ce qui a été fait depuis un siècle servira.

Mais pourquoi s’intéresser à Madame Elisabeth ?

Cette dernière n’est pas morte par haine de la Foi et ne peut être considérée comme martyre au sens où l’entend l’Eglise catholique. Mais elle a donné délibérément sa vie, choisissant volontairement, en connaissant les risques encourus, de rester auprès des siens, se faisant même passer pour la Reine lors de l’invasion des Tuileries.  Dès 1782, semble-t-il, elle décide de consacrer sa vie à la prière et aux œuvres de miséricorde. Elle sait qu’elle ne se mariera pas et qu’elle n’est pas appelée à la vie religieuse, contrairement à sa tante, carmélite,  et à sa cousine, chanoinesse puis bénédictine du Temple.  C’est d’abord dans son domaine de Montreuil  qu’elle met en pratique son projet de vie. Elle partage avec ses dames de compagnie une vie de prière structurée et, avec l’aide, de son médecin, le docteur Le Monnier, elle soigne les pauvres du quartier et soulage les misères.  Lorsque les troubles révolutionnaires arrivent, elle s’enfonce dans une vie chrétienne toujours plus héroïque.  Elle parvient à rester dans la fidélité au pape en ayant un directeur spirituel non jureur, l’abbé Edgeworth de  Firmont, qui, irlandais, n’a pas à prêter serment.  Lors de la célébration du vœu de Louis XIII à la cathédrale Notre Dame elle fonde une confrérie de prière  au Cœur Immaculé de  Marie avec ses dames dont l’objet est la prière pour la France et le soutien des enfants pauvres. Deux d’entre elles Mmes de Carcado et de Saisseval, après la révolution rejoindront les filles du Cœur de Marie et avec elles fonderont l’œuvre qui deviendra le lycée Carcado Saisseval d’aujourd’hui. Elle partage l’emprisonnement de la famille royale, soutenant les uns et les autres, procurant au roi l’abbé de Firmont qui l’accompagne jusqu’à l’échafaud. Restée seule avec sa nièce, elle lui prodigue des conseils  afin que dans les conditions de détention effroyables qu’elles vivent, la jeune fille puisse disposer des moyens spirituels, psychologiques et physiques qui l’aideront à survivre, plus tard, dans la solitude.  Condamnée à mort avec vingt-cinq autres personnes, elle convainc l’une d’elle à se déclarer enceinte pour sauver l’enfant et soutient les autres de ses exhortations remplies de foi et de confiance en Dieu, miséricordieux.

Elle est donc un beau modèle de laïque célibataire toute donnée au Seigneur qui peut guider, aujourd’hui, dans nos paroisses, les nombreuses célibataires qui cherchent à donner un sens à la vie.                                           Abbé Xavier SNOËK, postulateur